Guide des homologations équipements moto : tout comprendre pour bien choisir

Quand on achète un équipement moto, la mention "CE" sur l'étiquette ne suffit pas toujours à garantir un niveau de protection réel. Derrière chaque norme se cache un protocole de test précis, réalisé en laboratoire indépendant. Ce guide vous explique tout ce qu'il faut savoir sur les homologations équipements moto pour faire des choix éclairés.


La directive EPI : la base de toutes les homologations moto

homologation equipement motardToutes les normes des équipements moto sont régies par la directive européenne 89-686-CEE, qui définit les EPI (Équipements de Protection Individuelle).

Il existe deux catégories bien distinctes :

EPI catégorie 1 : concerne les activités à danger mineur. La certification est réalisée directement par le fabricant, sans contrôle d'un laboratoire indépendant. Elle s'applique aussi bien à des gants de jardinage qu'à des lunettes de soleil.

EPI catégorie 2 : concerne les équipements moto et toutes les activités à risque important. La certification ne peut être délivrée qu'après validation par un laboratoire indépendant agréé.

La distinction est fondamentale : un équipement affichant uniquement "CE" sans référence à une norme EN précise relève peut-être de la catégorie 1, sans aucune vérification extérieure. Vérifiez toujours la norme EN indiquée à côté du logo CE sur l'étiquette.


Les normes par type d'équipement

Protections épaules, coudes, hanches et genoux (EN 1621-1)

Les protections moto pour épaules, coudes, hanches et genoux sont soumises à un test d'impact de 50 joules, répété 12 fois avec un poids de 5 kg.

  • Niveau 1 : puissance moyenne transmise inférieure à 35 kN, avec un pic autorisé à 50 kN
  • Niveau 2 : puissance moyenne transmise inférieure à 20 kN, avec un pic autorisé à 35 kN

Le niveau 2 est à privilégier pour une protection optimale, notamment pour les genouillères et coudières moto.


Protections dorsales (EN 1621-2)

Les dorsales moto sont soumises à 5 impacts de 50 joules, dont 2 sur des zones dites fragiles.

  • Niveau 1 : puissance moyenne transmise inférieure à 18 kN, pic autorisé à 24 kN
  • Niveau 2 : puissance moyenne transmise inférieure à 9 kN, pic autorisé à 12 kN

Pour référence, le seuil de fracture dans ces conditions de test est estimé à 4 kN. Le niveau 2 est donc fortement recommandé pour toute dorsale moto.

Note : dans notre guide protections, nous mentionnions la norme EN 1621-3 pour les dorsales. La norme exacte est EN 1621-2. La norme EN 1621-3 concerne quant à elle les protections thoraciques.


Protections thoraciques (EN 1621-3)

Les protections thoraciques sont soumises à un impact de 50 joules. Le test mesure non seulement la puissance transmise, mais aussi la répartition de l'impact sur la surface de protection.

  • Niveau 1 : puissance moyenne inférieure à 30 kN, pic à 45 kN, répartition de l'impact à 15%
  • Niveau 2 : puissance moyenne inférieure à 20 kN, pic à 35 kN, répartition de l'impact à 30%

Cette norme s'applique notamment aux gilets de protection moto et aux airbags moto intégrant une protection thoracique.


Airbags moto (EN 1621-4)

La norme EN 1621-4 spécifique aux airbags moto est en cours de finalisation au niveau européen. Elle devrait se baser sur deux critères principaux : le temps de déclenchement de l'airbag et sa zone de couverture corporelle. Les modèles actuellement disponibles sur le marché anticipent ces exigences avec des temps d'ouverture de l'ordre de quelques millisecondes.


Gants moto (EN 13594)

Les gants moto homologués sont testés sur leur résistance à l'abrasion et à l'éclatement, ainsi que sur leur couverture du poignet.

  • Niveau 1 : résistance à l'abrasion de 4 secondes, pression d'éclatement de 40 N, descente de 1,5 cm sous la base du pouce
  • Niveau 2 : résistance à l'abrasion de 8 secondes, descente de 5 cm sous la base du pouce

À noter : les coques de protection sont toujours optionnelles dans ce test. Certains gants racing à l'allure très protectrice ne sont pas certifiés niveau 2, même s'ils intègrent des coques. Vérifiez toujours l'étiquette.


Bottes moto (EN 13634)

Pour être homologuées, les bottes moto doivent atteindre une hauteur minimale de 162 mm pour une taille 36, et 192 mm pour une taille 45.

La botte est divisée en deux zones : la zone B (la plus exposée) et la zone A (moins exposée).

  • Niveau 1 : zone B résiste 5 secondes à l'abrasion, zone A résiste 1,5 secondes
  • Niveau 2 : zone B résiste 12 secondes à l'abrasion, zone A résiste 2,5 secondes

Le niveau 2 est recommandé pour tout usage sur route.


Blouson, pantalon et combinaison moto (EN 13595)

Les vêtements moto sont testés selon 4 zones de résistance à l'abrasion, à l'éclatement et à la perforation.

Niveau 1

  • Zones 1 et 2 : abrasion 4 secondes, éclatement 700 kPa, perforation 25 mm
  • Zone 3 : abrasion 1,8 secondes, éclatement 500 kPa, perforation 30 mm
  • Zone 4 : abrasion 1 seconde, éclatement 400 kPa, perforation 35 mm

Niveau 2

  • Zones 1 et 2 : abrasion 7 secondes, éclatement 800 kPa, perforation 15 mm
  • Zone 3 : abrasion 2,5 secondes, éclatement 600 kPa, perforation 25 mm
  • Zone 4 : abrasion 1,5 secondes, éclatement 450 kPa, perforation 30 mm

Le niveau 1 est généralement suffisant pour les scooters et cyclomoteurs. Le niveau 2 est recommandé pour les motos et maxi-scooters.


Les homologations casque moto

Les normes européennes

Deux types de certifications coexistent pour les casques moto homologués :

Une étiquette verte portant la norme française NF S 72.305.

Une étiquette portant la norme européenne E suivie d'un numéro de pays (1 pour l'Allemagne, 2 pour la France, 3 pour l'Italie...) et d'un code de norme :

  • 05 correspond à la norme ECE 22-05
  • 06 correspond à la norme ECE 22-06, la plus récente et la plus exigeante

La norme ECE 22-03 n'est pas acceptée en France.

Avec la norme ECE 22-05 sont apparus des tests supplémentaires, notamment un test d'impact sur le menton. Les lettres sur l'étiquette indiquent le type d'homologation obtenu :

  • J : casque jet
  • P : casque intégral
  • NP : la mentonnière n'a pas réussi le test d'impact
  • PJ : double homologation intégrale + jet, autorisant la circulation mentonnière relevée pour les casques modulables

Les casques moto vendus en France doivent également comporter des éléments rétro-réfléchissants sur tous les côtés. Certains fabricants les incluent dans la boîte sans les apposer sur le casque : veillez à les coller avant de rouler, sous peine d'être en infraction.

La jugulaire doit toujours être attachée : c'est une obligation légale.

La norme DOT : attention en Europe

La norme DOT est reconnue aux États-Unis et au Canada, mais pas en Europe. Un casque moto homologué uniquement DOT vous place en situation d'illégalité sur les routes européennes, même si le niveau de protection est comparable.


Les homologations antivols moto

Plusieurs certifications coexistent pour les antivols moto, avec des niveaux d'exigence différents :

NF : norme créée et gérée par l'AFNOR (Association Française de Normalisation). Garantit le respect de normes définies, avec contrôle externe.

SRA : certification de la Sécurité Réparation Automobile, organisme regroupant les compagnies d'assurance. Les antivols SRA sont soumis à des tests de haute résistance plus stricts que la norme NF seule.

NF/FFMC : certification incluant les tests de haute résistance avec en plus un contrôle qualité tout au long du processus de fabrication, supervisé par la Fédération Française des Motards en Colère.

SRA + NF/FFMC : le cumul de ces deux certifications représente le niveau de garantie le plus élevé disponible sur le marché.

Certification

Organisme

Niveau de résistance

Reconnu assureurs

NF

AFNOR

Bon

Parfois

SRA

Assureurs

Très bon

Oui

NF/FFMC

AFNOR + FFMC

Très bon

Oui

SRA + NF/FFMC

Cumul

Maximal

Oui

Certains assureurs exigent un antivol certifié SRA ou NF/FFMC pour assurer votre deux-roues contre le vol. Sans cela, votre contrat peut ne pas couvrir le sinistre. Pensez également à conserver la facture de votre antivol : elle est systématiquement demandée par les assureurs en cas de déclaration de vol.


Les questions fréquentes sur les homologations équipements moto

La mention "CE" seule suffit-elle à garantir la protection d'un équipement moto ? Non. "CE" seul peut relever d'une certification de catégorie 1, réalisée par le fabricant lui-même sans contrôle externe. Vérifiez toujours la norme EN associée (EN 1621-1, EN 13594, EN 13595...) pour vous assurer d'une protection validée en laboratoire indépendant.

Quelle est la différence entre niveau 1 et niveau 2 pour les protections moto ? Le niveau 2 absorbe environ deux fois plus d'énergie que le niveau 1. Pour les dorsales et les genouillères notamment, le niveau 2 est fortement recommandé.

Quelle est la norme casque la plus récente ? La norme ECE 22-06 est la plus récente et la plus exigeante. Elle intègre des tests supplémentaires par rapport à l'ECE 22-05, notamment sur les impacts obliques. Elle est progressivement adoptée par les grandes marques.

Un équipement homologué en France est-il valable dans toute l'Europe ? Oui. Les normes EN sont des normes européennes, valables dans l'ensemble des pays membres de l'Union Européenne.

Faut-il changer ses protections après une chute ? Oui, impérativement. Après un impact, même sans dommage visible, les protections peuvent avoir perdu une partie de leur capacité d'absorption. Elles doivent être remplacées.


Les conseils La Bécanerie

  • Vérifiez toujours la norme EN complète sur l'étiquette, pas seulement "CE"
  • Privilégiez le niveau 2 pour les dorsales et genouillères
  • Pour votre casque moto, optez pour la norme ECE 22-06 dès que possible
  • Conservez la facture de votre antivol homologué SRA pour votre assureur
  • En cas de doute sur une homologation, les experts La Bécanerie sont à votre disposition
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